Conflit sévère de séparation
Lorsqu’un couple prend la décision de se séparer, plusieurs éléments sont favorables à l’apparition d’un conflit sévère de séparation.
Dans un tel contexte, la lutte pour le pouvoir est d’une grande intensité et persiste dans le temps. La séparation des biens, les allocations et la garde des enfants sont tous des sujets qui sont susceptibles de provoquer des conflits. Chacun voudra avoir gain de cause et, devant des insatisfactions, il est souvent tentant de répondre de manière à nuire à l’ancien partenaire. Toutefois, les premiers à en subir les impacts sont plutôt les enfants, qui se retrouvent au milieu de cette tempête dans laquelle ils n’ont jamais demandé à être.
Facile de s’imaginer que les enfants passeront par-dessus, mais la réalité est toute autre. Conflit de loyauté, sentiment de confusion, isolement, crainte de perdre un de ses parents, hypervigilance, impression d’être responsable de la séparation, sont seulement quelques-uns des multiples impacts que les enfants subiront lors d’un conflit sévère de séparation.
Aussi fort le désir de vengeance soit-il, le bien-être des enfants devrait demeurer au cœur du processus de séparation. Il s’agit d’une période difficile à traverser pour tous ceux impliqués. Malgré les défis que ça implique, il est possible de limiter les impacts sur les enfants et de vivre une séparation sainement.
Saviez-vous que...
Les parents séparés aux prises avec des conflits sévères de séparation (CSS) peuvent être signalés à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) pour cause de mauvais traitements psychologiques (MTP).
Dans le doute, il importe de contacter le DPJ, qui pourra vous aiguiller dans la procédure pour effectuer un signalement, en toute confidentialité.
1 800 361-5310 ou 514 721-1811
Conséquences sur les enfants
- Instabilité émotionnelle
- Anxiété/angoisse
- Isolement
- Conflit de loyauté envers les parents
- Symptômes dépressifs
- Difficultés sociales
- Culpabilité (impression d’être responsable des conflits entre les parents et/ou de leur séparation)
- Désinvestissement au niveau scolaire
- Trouble de comportement (difficulté à gérer ses émotions, crise de colère)
- Détérioration de la relation avec les parents
- Difficultés de gestion des émotions
- Diminution des capacités d’apprentissage, de réflexion et d’interaction
- Régression au niveau du comportement comme : propreté, langage, autonomie, etc.
- Baisse du sentiment de sécurité affective
- Syndrome de stress post-traumatique
- Diminution des habiletés sociales
- Etc.
Degré d'intensité des conflits sévères de séparation
Conflit mineur
- Les parents sont rarement d’accord.
- Leurs conflits n’impliquent pas une perte de contrôle.
- Ils sont en mesure, la plupart du temps, de rester centrés sur l’intérêt de l’enfant.
- Lorsqu’ils perdent de vue l’intérêt de l’enfant, ce n’est que temporaire.
- Ils sont capables de faire des compromis et de négocier des ententes.
- Ils sont capables de faire preuve d’écoute envers l’autre.
- Ils sont en mesure de communiquer pour le partage des responsabilités parentales.
- Le besoin d’équité est important
Conflit modéré
- Le désaccord des parents est fréquent. Les conflits indiquent souvent des prises de position découlant d’un besoin « d’avoir raison » ou pour éviter d’être désavantagé.
- Le sujet des désaccords, même bénin, suscite souvent une perte de contrôle.
- La présence de bonnes intentions est difficilement mise en valeur.
- Les parents ont de la difficulté à percevoir leur part de responsabilité.
- Leur capacité de négociation est entravée par un besoin de contraindre l’autre et de ne pas être eux-mêmes contraints.
- Ils font preuve de rigidité et d’un manque de collaboration vis-à-vis des nouvelles demandes
Conflit sévère
- Les interactions entre les parents peuvent être qualifiées de guerres ouvertes.
- Les requêtes judiciaires s’accumulent.
- La communication entre les parents est excessivement difficile, voire impossible.
- L’enfant peut être utilisé comme messager.
- L’enfant peut être utilisé comme confident.
- Les parents sont fermés vis-à-vis de la négociation.
- L’hostilité est ouverte entre eux.
- Ils expriment des blâmes l’un envers l’autre.
- Ils ne coopèrent pas entre eux, sinon très peu
Comment aider un enfant
Agrandir le réseau d’entraide autour de l’enfant
Avec les enfants, identifier des adultes de confiance dans leur entourage :
- Membre de la famille
- Proche de la famille
- Personnel éducatif (CPE, garderie, école)
- Policier/policière
Être témoin de violence conjugale peut vous mettre dans une position délicate. Il se peut aussi que vous soyez mal à l’aise avec l’idée de vous mêler de ce qui ne vous regarde pas. Sachez toutefois qu’il est tout à fait légitime de vouloir venir en aide à un enfant vivant de la violence ou qui en est exposé.
Par votre présence bienveillante, faites la différence auprès de l’enfant.
Source : SOS Violence Conjugale.
- Montrez-vous disponible et présentez une attitude accueillante.
- Offrez-lui un espace pour s’exprimer où l’enfant se sent en sécurité.
- Offrez-lui du réconfort, du plaisir et du répit.
- Prenez soin de lui, croyez-le et rassurez l’enfant.
- Positionnez-vous contre la violence conjugale et nommez que c’est inacceptable.
- Toujours garder en tête la sécurité de l’enfant, l’outiller avec des scénarios de protection.

